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1-2 Origine et histoire

1-2 Origine et histoire

L’origine et l’histoire de la spiruline: un super-aliment ancestral

La spiruline est souvent présentée comme un super-aliment moderne. Pourtant son histoire remonte à plusieurs millards d’années. Bien avant l’apparition des plantes et des animaux, ce micro-organisme faisait déjà partie des premières formes de vie sur Terre. Cette bactérie primitive a permis de transformer l’atmosphère terrestre en produisant de l’oxygène. Ceci peut paraître anodin mais sans l’apparition des cyanobactéries, pas d’oxygène, pas de vie possible.

La spiruline, un micro-organisme très ancien

La spiruline appartient donc à la famille des cyanobactéries et serait apparu il y a environ 3,5 milliards d’années. À cette époque, l’atmosphère terrestre était très pauvre en oxygène. Grâce a la photosynthèse, ces micro-organismes ont contribué à enrichir progressivement l’air en oxygène, rendant possible le développement de la vie telle que nous la connaissons aujourd’hui. On peut donc dire que la Spiruline et ses congénères cyanobactéries ont joué un rôle fondamental dans l’histoire de notre planète.

La spiruline dans les civilisations anciennes

La Spiruline, chez les Aztèques.
Bien avant la commercialisation moderne la spiruline, était déjà consommé par certaines civilisations au XVIe siècle. Les Aztèques récoltaient à la surface du lac Texcoco au Mexique une substance appelée « tecuitlatl » ( le fromage de terre). Cette matière séchée et transformée en galette, était riche en nutriments et faisait partie de leur alimentation quotidienne. Les conquistadors espagnols ont d’ailleurs mentionné cette pratique lors de la conquête du Mexique. Le « tecuitlatl » était aussi l’aliment préféré des guerriers et des messagers qui connaissait ses propriétés leur permettant endurance et vitalité. Les coureurs de poisson faisaient des kilomètres à pied pour ramener du poisson frais au palais royal, leur secret: un aliment très riche déshydraté qu’ils pouvaient emmener avec eux pour les aider à tenir.

Une tradition en Afrique.
En Afrique, autour du lac Tchad, certaines populations consomment depuis des siècles, une spiruline locale appelée « dihé ». Elle est récoltée, séchée au soleil et intégrée dans des sources traditionnelles. Cette pratique existe encore aujourd’hui.

Redécouverte scientifique au XXème siècle

Dans les années 1940, Creach, pharmacien à Fort Lamy, envoie au phylologue Dangeard un échantillon de dihé vendu sur les étals d’un marché à 50 km du lac Tchad. Ce dernier l’analyse et réalise une présentation à la société Linéene de Bordeau. Il mentionne l’utilisation de la spiruline dans l’alimentation humaine. Restée inaperçue pour cause de guerre mondiale, ce sont d’autres Français qui vont remettre ne lumière la spiruline presque 20 ans plus tard.
Ce sont les observations de Max-Yves Brandily et son épouse Monique en 1959, qui réalisent un film documentaire, puis Léonard en 1964 qui vont s’intéresser à la récolte et à la consommation de cet aliment par les populations locales. Confirmant ses propriétés nutritionnelles, Leonard identifia l’espèce spirulina platensis.
La spiruline a suscité donc un regain d’intérêt scientifique dans la 2ème moitié du XXème siècle. Des chercheurs ont étudié sa richesse exceptionnelle en protéines, en fer, et en vitamines. Elle a rapidement été envisagée comme une solution potentielle contre la mal-nutrition dans certaines régions du monde.

Les déclarations des ONG sur la spiruline sont unanimes comme L’ONU qui a déclaré que la Spiruline est « le meilleur aliment d’avenir » ou l’UNESCO « l’aliment idéal et le plus complet de demain ».
De nombreuses missions humanitaires se servent de spiruline pour aider les enfants et populations en malnutrition. Voici en vidéo un beau reportage qui illustre cette histoire incroyable de la spiruline, redécouverte fortuitement, jusqu’à sa mise en culture dans de petites fermes. Un film de Wafik Ghommidh avec L’UNESCO.
Les analyses nutritionnelles de la spiruline effectuées ces dernières décennies ont donc mis en évidence ses qualités et l’intérêt qu’elle a pour la nutrition humaine. Je dédie une page spécifique à l’intérêt nutritionnel de la spiruline, je vous invite à consulter cette page.

Au Mexique dans les années 1960 Hubert Durand-Chastel redécouvrit la spiruline tout à fait par hasard. Alors que son entreprise Sosa Texcoco exploitait les eaux saumâtres du sous-sol de l’ancien lac Texcoco ( asséché par les espagnols pour y faire de la culture), les installations de l’entreprise se bouchent doucement par une matière organique bien connue des Aztèques ! Le docteur Maurice David donna alors le nom Arthrospira à cette redécouverte de la spiruline. Lors d’un congrès international à Mexico ou l’Institut Français du Pétrole donna une conférence sur la spiruline suite aux retours de Max-Yves Brandily qui l’avait découverte lui au Tchad. L’entreprise Sosa Texcoco prit connaissance des qualités de la spiruline, vit alors un intérêt à cultiver cet or vert et la production Mexicaine commença.

En France, portée par des scientifiques qui ont donné leur vie à la recherche sur la culture de la spiruline, notre petite « algue bleu-vert » a connu un intérêt scientifique extraordinaire. Je dois citer Ripley D. Fox dont le livre « Spiruline – Technique pratique et promesse » est une bible pour les producteurs. Mais aussi Jean-Paul Jourdan qui laisse aux génération futures un Manuel de culture accessible à tous en ligne et traduit en plusieurs langues.


Ces recherches et publications ont mené à l’ouverture en France d’un CFPPA à Hyères sur l’Agricampus qui permis à nombre de producteurs de se former et a servi aussi de rampe de lancement à de nombreux projets humanitaires. Il existe aujourd’hui une autre façon de se former, c’est au Lycée de la Mer et du Litoral à Bourcefranc le Chappus par le biais d’un CFPPA qui organise un UCARE spiruline.

La spiruline aujourd’hui

La production mondiale de spiruline se chiffre aujourd’hui à plusieurs dizaines de milliers de tonnes par an avec des estimations récentes situant le volume global autour de 55 000 à 70 000 tonnes de biomasse sèche par an, reflet à la fois de la croissance de la demande et de l’expansion des capacités de culture à l’échelle industrielle et artisanale.
L’Asie Pacifique domine largement cette production représentant plus de 45 % à 55 % de l’offre mondiale portée par la Chine, l’Inde, le Japon et la Thaïlande. La Chine seule fournit entre 35 % et 40 % de la spiruline commercialisée mondialement, grâce a de très vastes ferme où la spiruline est cultivée à ciel ouvert ( posant là des risques de qualité) et à une main-d’œuvre dédiée bon marché.
En Amérique du Nord, les États-Unis sont également un acteur historique de la spiruline avec plusieurs fermes commerciales de grandes capacités qui contribuent avec une part significative de la production mondiale et alimentent notamment le marché des compléments alimentaires haut-de-gamme.
L’Europe quant à elle représente environ 20 à 25 % du marché mais sa production reste plus modeste en volume. Certains rapports estiment à environ 142 tonnes par an la production de spiruline en Europe avec la France en tête des producteurs européens.

Conclusion

Si la Spiruline tire ses origines de millénaire de consommation traditionnelle par les Aztèques au Mexique ou les populations Kanembu autour du lac Tchad, elle occupe aujourd’hui une place de choix parmi les aliments et compléments alimentaires contemporains. Elle est cultivé aujourd’hui à grande échelle et est reconnue pour sa densité nutritionnelle, sa polyvalence d’usage et son potentiel dans les défis alimentaires du XXIe siècle.

Suite: Composition nutritionnelle