BASSINS
Où implanter les bassins ? Il faut respecter quelques règles pas toujours évidentes : pas sous des arbres, ni en un lieu inondable, ni près d’une route ou d’une industrie (pollution). A l’abri des curieux, souvent ignorants et pas toujours bien intentionnés. Un terrain plat facilitera le travail, de même que la proximité de l’eau, etc. Il vaut la peine de réfléchir avant de décider.
3.1) Construction des bassins de culture
Pour une production familiale ou artisanale on peut se contenter de bassins de petite taille, sans agitation à roue à aube, sans chicane médiane. Il y a alors de nombreuses façons de construire un bassin adéquat, variables selon les conditions locales.
Le bassin ne doit pas comporter d’angles vifs, mais des formes arrondies (au moins aux extrémités dans le cas de bassins rectangulaires). Le fond doit être aussi plan que possible, avec une très légère pente vers un endroit plus creux d’accès facile (pour faciliter la vidange). Les bords du bassin doivent être au-dessus du niveau du terrain, pour réduire l’entrée des poussières et des animaux, et au moins 20 à 40 cm au-dessus du fond : mieux vaut prévoir une profondeur assez forte, pour encaisser les pluies, faciliter les transferts entre bassins et éventuellement l’autoépuration biologique du milieu de culture. Les bassins, surtout les plus profonds, doivent faire l’objet de précautions pour éviter l’accès des petits enfants. Il faut aussi faire en sorte qu’on ne puisse pas confondre les bassins avec un dépotoir, mésaventure qui est malheureusement arrivée dans plusieurs pays.
Une des plus grosses difficultés pour réussir un bassin est l’aplanissement du fond : en fait c’est là où réside surtout la limitation en surface pour un artisan ne disposant que d’outils ordinaires (pioche, rateau, règle et niveau à bulle). Pour les grands bassins les entreprises utilisent le laser qui facilitent bien le travail.
Une variante, qui ne sera pas décrite ici car assez peu adaptée aux conditions artisanales, consiste à faire la culture en lame d’eau coulant sur un plan incliné.
3.1.2) En bâches plastique
Une épaisseur de film de 0,25 mm minimum, et de préférence 0,5 mm, est recommandée. Le film (polyéthylène, EVA, PP, EP, PVC, caoutchouc EPDM), de qualité alimentaire (ou au moins non toxique), sans plastifiant et résistant aux ultraviolets, peut être simplement fixé sur un cadre en bois ou en tubes d’acier ou de PVC, ou soutenu par un muret en planches, briques, parpaings (de préférence cimentés et sur fondation béton), éventuellement terre crue stabilisée (pisé, »banco »). En fait la solution muret en dur est la mieux en cas de risque d’attaque par des rongeurs ou des termites. Eviter le plus possible les plis dans les angles donnant des zones qui ne seraient pas bien agitées ou aérées. Il est recommandé de cimenter le sol supportant le bassin ou de le couvrir d’une couche de sable de rivière ou latérite broyée bien damée. Si l’on doit utiliser du film plastique mince, le protéger du contact direct avec le sol et la maçonnerie, par exemple avec un feutre type « géotextile » ou deux ou trois couches de film usagé. Il existe un film PVC, de qualité alimentaire, de 1,2 mm d’épaisseur et 2 m de large pouvant être assemblé par soudure avec un pistolet à air chaud spécial (nécessite de l’électricité). Le film de caoutchouc EPDM, qui peut se coller, est une bonne solution mais de luxe. Les films épais et soudables ou collables réduisent les plis et facilitent l’installation d’une chicane centrale pouvant être simplement soudée ou collée au fond du bassin, mais ces films ont tendance à rester hors de portée des petits producteurs. La chicane peut être une poche remplie de sable, ou un gros tube placé sous la bâche.
Pour la pose des films et bâches, tenir compte du fort coefficient de dilatation thermique des films plastique (en cas de pose par temps chaud, il y aura rétractation importante par temps froid, et vice-versa).
En cas d’utilisation d’un film de qualité inconnue, faire un essai de culture pour vérifier qu’il n’est pas toxique et qu’il résiste au milieu de culture (voir qualité).
S’il y a des termites il est recommandé de mettre un lit de sable sur une couche de cendres sous le plastique et d’utiliser un muret en dur, ou au moins de traiter le bois, à moins que l’on ne dispose d’un bois naturellement inattaquable ; on peut aussi poser le film sur une dalle d’argile séchée ou mieux de ciment, ou le protéger par du métal. A noter que le chiendent africain est capable de percer le plastique. Il arrive que le plastique ne fuie pas même s’il est percé d’un petit trou, qui se bouche spontanément.
Il est possible de réparer un petit trou avec un mastic noir collant (à sec) vendu dans le commerce à cet effet, ou même avec une « rustine » de ruban adhésif résistant à l’eau.
Les rongeurs peuvent être de redoutables dangers pour les bassins en film plastique non protégé. Pendant des années je n’ai pas eu ce problème à Mialet, puis dans l’hiver 2000-2001 (très doux) 4 bassins ont été percés de multiples trous sur les bords non protégés. Il existe des appareils électriques à ultrasons repoussant efficacement les rongeurs.
Pour pouvoir vidanger et nettoyer un bassin constitué d’une bache plastique supportée par un muret en dur, un moyen facile est de pratiquer un trou dans le sol près du bord de la bâche pour former un point de vidange (puisard).
Photo d’un des premiers bassins (en tissu polyamide enduit PVC) de l’Ecopark, Madurai, Tamil Nadu (Inde), 18 m², 1998 :
3.1.3) En « dur » (béton, parpaings, briques)
Le fond d’un bassin en ciment doit être construit sous forme d’une dalle en béton armé de 10 cm d’épaisseur minimum, de très bonne qualité, sur terrain bien compacté. Les bords du bassin peuvent être en briques, en parpaings ou en béton armé. Eviter les angles vifs. Soigner l’enduit d’étanchéité (un adjuvant imperméabilisant ou une peinture epoxy sont pratiquement indispensable, ou sinon peindre l’enduit ciment à la chaux – dans ce cas laisser en place la chaux avant mise en eau). Il est bon d’attendre quelques jours, bassin plein d’eau, avant d’ensemencer en spirulines (sinon l’alcalinité excessive de la chaux ou du ciment frais peut jaunir très rapidement les spirulines). Il existe des techniques pour construire des bassins de grande longueur (50 à 100 m) sans joint de dilatation. Le mariage béton-film plastique est aussi une solution, soit que le film double le béton pour l’étanchéiser, soit qu’une partie du bassin soit en film plastique et l’autre en béton (avec raccordement béton-film comme l’a pratiqué avec succès Bionor au Chili). Les fentes du béton peuvent se réparer au mastic silicone.
Photos :
- Chez les Pères Camiliens à Davougon (Bénin), 8 m², 1994 :
- Dans un village près de Maduraï, Tamil Nadu (Inde), 1 m², 1996 :
3.1.4) En argile (si on n’a vraiment pas d’autre possibilité) :
Creuser sur 20 cm et faire un talus bien tassé de 20 cm également. Si le terrain n’est pas naturellement argileux, garnir la surface d’une couche d’argile humide de bonne qualité, de 3 à 5 cm d’épaisseur, bien tassée pour éviter les fissures. Garnir les rebords de tuiles ou briques cuites, ou de plastique pour éviter les fissurations lors des baisses de niveau. La spiruline pousse très bien dans un bassin en argile, mais sa pureté bactériologique doit être surveillée de plus près (risques accrus de présence de microorganismes anaérobies au fond car on ne peut pas agiter le fond). L’étanchéité n’est pas complète, mais elle peut être améliorée avec un film plastique même très mince placé sous l’argile.
3.2) Couverture du bassin de culture
En l’absence de toute protection sur le bassin une bonne disponibilité d’eau (pour compenser l’évaporation), l’absence de pluies diluviennes (pluies de plus de 200 mm/jour) et de basses températures sont nécessaires.
Il est en fait souvent utile, voire nécessaire, d’installer une serre ou au moins un toit sur le bassin, permettant de le protéger contre les excès de pluie, de soleil ou de froid, et contre les chutes de feuilles, fientes d’oiseaux, vents de sable et débris divers, tout en lui permettant de « respirer ». Le toit peut être en toile de tente blanche ou en tissu polyamide enduit PVC blanc laissant passer une partie de la lumière mais capable d’arrêter suffisamment la pluie. Il peut aussi être en plastique translucide : film de polyéthylène traité anti-U.V. utilisé pour la construction des serres horticoles, ou plaques en polycarbonate ou fibre de verre-polyester gel-coatée (pour éviter que les fibres sortent). Si le toit est opaque, il faut le mettre suffisamment haut pour que le bassin reçoive assez de lumière par les bords. Le toit est de préférence complété par une fermeture translucide ou des moustiquaires sur les côtés. Si la pluie est tolérable, le toit peut être remplacé par un simple ombrage (filet ombrière, canisse, feuilles de palmier tressées). Le toit peut être flottant (mais sans contact avec la culture) si le bassin est trop large pour qu’on puisse construire une structure fixe pour le supporter.
Installer une serre consiste à recouvrir le bassin d’un film translucide avec une pente et une tension ou des supports suffisants pour éviter la formation de poches d’eau de pluie et résister aux tempêtes. Le film peut être supporté par des montants rigides ou des fils de fer ou du grillage (par-dessous et aussi parfois par-dessus). Des orifices d’aération et/ou d’accès doivent être prévus et munis de moustiquaires. Il est généralement nécessaire de prévoir aussi un dispositif d’ombrage (filet ombrière en plastique tissé noir par exemple). Le bois non traité et l’acier galvanisé sont des matériaux convenables pour les structures de serre. Eviter les vis cadmiées (à reflets jaunes). Eviter aussi toute peinture qui ne résisterait pas bien au milieu de culture (la peinture époxy convient). Proscrire les peintures anti-rouille à base de minium (plomb). Poser et tendre le film par temps chaud pour éviter qu’il ne se détende par temps chaud. A noter que certains bois sont attaqués par le milieu de culture, et que selon les pays l’emploi de bois de certaines essences seulement est autorisé dans l’industrie ou l’artisanat alimentaire. Un mode de réalisation économique d’un bassin sous serre consiste à faire un muret en éléments rigides (parpaings ou briques cimentés ou non, planches vissées sur des piquets en acier), à poser le film d’étanchéité en recouvrant le muret et en l’enterrant sur les bords puis à tendre par-dessus le film de serre lui-même enterré sur les bords. Une légère pente (4 %) du film de serre suffit pour que même par pluies très violentes l’eau ruisselle sur le film sans s’y accumuler, à la condition expresse que le film soit tendu (par temps chaud) comme une peau de tambour ou un tissu de parapluie ; la pente peut être fournie par des poutres ou chevrons en bois formant comme une charpente sur le bassin, si le bois est autorisé. N.B. : avec une faible pente, il est probable que la serre ne résistera pas à une chute de neige ou de grêle importante. Pour accéder à un tel bassin et l’aérer il est nécessaire d’installer en au moins un point (mais de préférence deux) une « porte » d’accès, simple cadre vertical sur lequel repose le bord du film qui reste non enterré à cet endroit ; la porte peut être fermée par une moustiquaire (non seulement contre les insectes mais aussi les feuilles mortes). Prévoir la construction pour que la composante horizontale de la tension du film ne fasse pas basculer le muret. Une variante de ce mode de construction consiste à doubler le film extérieur par un film intérieur non tendu présentant un point bas, ce qui permet de mieux isoler la serre et de récupérer l’eau de condensation. Le mode de réalisation le plus économique d’un bassin sous serre utilise le même film (film de serre) pour le fond, les côtés et la couverture. Avec un film de serre de largeur standard (6,5 m) on réalise facilement des bassins jusqu’à 30 m². Le faîte, orienté Est-Ouest, peut être un chevron en bois de 6 x 8 cm, de 5 m de long fixé à environ 1,5 m de haut. Le film est agrafé sur le faîte d’un côté, puis de l’autre avant d’être fixé par liteaux sur le faîte. Aux deux extrémités on place un rebord en planches ou parpaings sur lequel est relevé et fixé solidement le bord du film, et on aménage deux « portes » d’accès à munir de moustiquaires. Le coût des matériaux s’élève à 5 $/m² si la sous-couche de protection est réalisée en film plastique de récupération (usagé), hors ombrage, protection latérale et agitation. L’expérience nous a montré que les sangliers n’attaquaient pas ces structures en film plastique, mais une protection latérale contre les risques de perçage est tout de même recommandée : la placer à au moins 50 cm des bords si elle est en matériau brut pouvant endommager le film lors de ses déplacements par grand vent. Pour assurer la stabilité par grand vent, remplir le bassin d’au moins 20 cm. Il est recommandé de ne pas laisser les côtés du bassin exposés à la lumière car cela pourrait favoriser le développement d’algues étrangères sur les parois éclairées. Ce type de serre permet la récupération automatique de l’eau condensée sur le film de serre (important surtout la nuit dans les climats désertiques). La nuit on peut mettre une couverture isolante souple. Exemple de réalisation en 20m² (à Mialet, en 2000) :
Attention à la neige si faible pente et poutre trop faible et/ou trop longue entre deux supports ! Une variante de ce système permet de produire en hiver. On met un isolant fixe sous le fond et sur les côtés jusqu’au niveau de l’eau, et les pentes sont isolées par un isolant multicouche souple aluminisé, ainsi que les portes. L’isolant souple qui recouvre la face Sud est enroulable pendant la journée pour laisser pénétrer la lumière et surtout le soleil qui sera réfléchi par la face Nord restant en place. Un complément de chauffage est apporté par les pompes d’agitation. Des lampes fluorescentes étanches peuvent être suspendues sous le chevron pour apporter un complément de lumière de 5hr à 9hr et de 17hr à 21hr..
L’utilisation de film de serre pose la question de sa qualité du point de vue alimentaire. Il ne semble pas qu’il y ait de problème. Certains films (ceux qui sont légèrement jaunes) sont stabilisés contre les UV par un composé à base de cadmium mais d’après nos analyses le cadmium ne migre pas du plastique vers le milieu de culture et ne pollue pas la spiruline.
Un bassin sous serre étanche présente l’avantage de pouvoir être alimenté en gaz carbonique provenant de la combustion de gaz ou d’une fermentation (compost) mais une aération reste nécessaire ne serait-ce que pour maintenir un taux d’oxygène non toxique pour les spirulines.
Une serre ombrable et aérable est idéale en tous climats car elle permet un contrôle maximum tant de la température, de la lumière, de la pluie et de l’évaporation que des insectes et autres animaux, poussières, feuilles mortes ; elle est la protection la plus efficace pour réduire le plus possible la consommation d’eau en climat aride. Sous serre avec ouvertures munies de moustiquaires il n’y a en général pas implantation de larves de mouches Ephydra dans les cultures. Et si une infestation se produit quand même il est facile de laisser monter la température à 42-43°C le temps de tuer les larves sans tuer trop de spirulines.
Chez Bionor, près de La Serena, Valle de Elqui (Chili), 1997 : seules les têtes des bassins sont en ciment, le reste est en film semi rigide éthylène-propylène (extrémité noyée dans le béton), les serres sont à charpente bois.
3.3) Nombre et surface de bassins
Mieux vaut construire deux ou plusieurs petits bassins qu’un seul grand : ainsi on pourra en vider un (pour le nettoyer ou le réparer par exemple) sans perdre son contenu, et si une des cultures se contamine, n’est pas en bonne santé ou meurt, un autre bassin permettra de continuer et de réensemencer. Il peut même être aussi pratique de puiser dans un bassin pour filtrer sur un autre. Un bassin de service est par ailleurs utile pour préparer les milieux de culture et effectuer des transvasements, ou pour évaporer des purges en vue de recycler les sels, ou encore pour épurer du milieu de culture, mais il n’est pas absolument nécessaire.
Un m² de bassin couvre le besoin en spiruline d’une à 5 personnes selon la dose. Le coût d’investissement au m² décroît quand augmentent la surface unitaire et le rapport surface/périmètre des bassins. Par contre des bassins étroits (largeur inférieure à 3 m) sont plus faciles à agiter et à couvrir. Une surface unitaire de 5 à 20 m² paraît pratique au niveau familial ou pour un dispensaire (selon la dose journalière de spiruline, et selon la productivité des bassins). Pour une production artisanale la surface totale des bassins ne dépassera guère 300 m², en général, mais un niveau « semi-artisanal » est envisageable, pouvant dépasser 1000 m² (Annexe 28).
3.4) Agitation du bassin
L’agitation est nécessaire pour homogénéiser, favoriser l’élimination de l’oxygène et assurer une bonne répartition de l’éclairage parmi toutes les spirulines. Sauf en cas de soleil très fort, on peut à la rigueur se contenter d’agitations discontinues, plus ou moins fréquentes (quelques minutes toutes les heures, au moins 4 fois par jour), manuelles avec un balai ou une rame, ou par pompes n’endommageant pas les spirulines (pompes à hélice, vis, palettes, diaphragme ou vortex). Une pompe d’aquarium à entrainement magnétique de 1 à 3 m3l/h, fonctionnant 15 minutes par heure ou par demi-heure (programmateur à horloge) ou même en continu, suffit pour agiter 5 à 10 m² de bassin si elle est bien positionnée (orientation de son jet en site et en azimuth) et si les bords du bassin sont réguliers et ses angles arrondis. Une chicane médiane peut faciliter la circulation, mais il faut en général la compléter par des chicanes d’angles redirigeant les flux des bords vers le centre, ce qui complique l’installation : dans un petit bassin de dimensions bien choisies la chicane centrale est totalement inutile. L’installation d’une chicane médiane dans les bassins en bâche plastique (recouvrant la chicane) pose le problème des plis qu’il faut éviter au maximum. Ce problème est minimisé si la chicane est de faible hauteur (20 cm) et ses extrémités arrondies. Mais certains préfèrent des chicanes fixées sur des plaques de marbre ou granit posées sur la bâche ; dans ce cas il faut veiller à minimiser le by-pass sous la chicane. Un autre mode de réalisation de la chicane consiste à souder une bande de bâche sur le fond, et à la soutenir par des ficelles aux structures de la serre. Il y a aussi des chicanes en sacs remplis de sable et suspendues par des ficelles. On peut aussi mettre un gros tube sous la bâche. On améliore l’efficacité des pompes en faisant passer leur jet dans un tube « Venturi », mais cela complique l’installation . Tous les bassins de la ferme de Consac (Charente Maritime) sont agités avec ce système à venturi.
Nettoyer de temps en temps les crépines des pompes et les recoins du corps des pompes (je préfère enlever le capot qui ne sert qu’à enjoliver les pompes d’aquarium). Avec les souches « ondulées» (Paracas) les pompes vide-cave ordinaires sont utilisables sans risque de casser les filaments ; une telle pompe peut agiter un bassin carré ou rond de 50 m² ; mais ces pompes ne sont pas à entrainement magnétique et comportent donc un joint, ce qui peut provoquer des problèmes d’étanchéité et de corrosion au bout d’un certain temps). Attention : les pompes en 220 Volt nécessitent des précautions pour éviter de s’électrocuter, surtout en serre humide (les constructeurs de pompes d’aquarium demandant qu’on débranche avant de toucher l’eau) ; il est recommandé de brancher le système d’alimentation électrique sur un transformateur « à écran d’isolement » relié à la terre (système utilisé pour les prises de rasoirs dans les salles de bains) ; on peut compléter la sécurité par un disjoncteur différentiel de 30 mV. Des pompes en 12 ou 24 Volts sont préférables…
L’agitation par roue à aubes reste préférée pour les bassins de taille moyenne à grande.
Mieux vaut une agitation discontinue énergique que continue mais faible. Même une agitation énergique sera plus efficace si elle est intermittente car à chaque redémarrage il se produit un brassage, alors qu’en continu la masse d’eau a tendance à se déplacer d’un bloc (sauf si des chicanes sont installées en travers du courant). C’est une bonne pratique d’agiter au balai le bassin au moins une fois par jour, surtout s’il est assez profond, et de brosser le fond et les côté une fois par jour.
Les grands bassins industriels, très longs, sont toujours munis d’une chicane médiane et agités par roue à aubes. Leur surface unitaire maximum est de 5000 m². La technique de construction des roues à aubes mériterait un chapitre spécial mais ne sera pas traitée ici, mais seulement brièvement abordée en Annexe 24.
Les cultures en lame d’eau sur plan incliné (voir. § 3.1) sont agitées par la turbulence due à l’écoulement. Leur construction est délicate et le coût du pompage est lourd.
Un autre mode d’agitation, la cloche à air comprimé s’applique bien aux petits bassins assez profonds, de préférence ronds. Il consiste à faire arriver un débit d’air comprimé (d’un compresseur d’aquarium) sous une cloche lourde posée au fond du bassin (un plat en Pyrex fait bien l’affaire) : la cloche se soulève d’un côté, à intervalles réguliers, en produisant une grosse bulle d’air ; en retombant la cloche provoque un certaine circulation du liquide. Sur un bassin rond de 7 m² équipé ainsi avec un compresseur de 300 l/h en marche continue, l’agitation s’est révélée bonne. Un avantage important de ce mode d’agitation est l’absence de fils électriques. Dans la pratique ce mode d’agitation est limité aux bassines ou petits bassins mais peut rendre de vrais services.
Il est nécessaire d’insister sur le fait que le milieu de culture est très corrosif pour les métaux. Pratiquement seul l’acier galvanisé et l’inox type 304 résistent assez bien.
3.5) Containers, bassines, gaines
Il arrive que l’on utilise comme petits bassins des récipients translucides comme des bouteilles, bonbonnes, bassines, gaines en film plastique, containers à jus de fruits (il en existe de 1000 litres). Il faut savoir que la vitesse de photosynthèse paraîtra plus rapide dans de tels récipients parce que le milieu de culture y reçoit la lumière de plusieurs côtés et s’échauffe aussi plus vite. Cela peut être plus avantageux, mais il faut surveiller la température et le pH de plus près que dans les bassins ordinaires. L’agitation dans de tels récipients se fait de préférence par air comprimé (compresseur d’aquarium).
N.B. Il s’agit là en fait de variantes de « photobioréacteurs » à grand rapport surface/volume permettant d’atteindre des concentrations en biomasse importantes.
3.6) Réparation des films plastique
Il est possible de réparer de petits trous dans les films : nettoyer et sécher une zone autour du trou puis y coller un produit mou et collant (de qualité alimentaire) vendu à cet effet, ressemblant à du chewing gum. Le PVC peut aussi être réparé par rustines collées ou soudées, ou par une bande adhésive résistant à l’eau. Certaines bandes adhésives s’appliquent aussi aux films de polyéthylène. Attention : utiliser des produits de qualité alimentaire.